Signes et manifestations
Ce n'est pas de l'irrationalité, c'est une mémoire.
Une phobie n'est pas un dérèglement de la raison. C'est une réponse émotionnelle et corporelle intense, apprise à un moment donné, parfois à la suite d'une expérience précise, parfois de façon progressive, parfois sans souvenir identifiable. Le cerveau a enregistré un signal de danger associé à un objet ou à une situation, et reproduit cette réponse de façon automatique, indépendamment de ce que la raison dit. Savoir que les araignées sont inoffensives ne change rien, parce que la peur ne passe pas par ce circuit-là.
L'évitement entretient la phobie.
Éviter ce qui fait peur soulage immédiatement, et maintient la phobie indéfiniment. Chaque évitement confirme au cerveau que la menace était réelle et que la fuite était la bonne réponse. La phobie ne disparaît pas avec le temps si on ne s'y confronte pas, elle se stabilise, parfois s'étend. C'est le même mécanisme que dans les troubles anxieux : le soulagement à court terme est le piège à long terme.
Les phobies sont parmi les troubles les plus accessibles au traitement.
C'est important à savoir : une phobie spécifique bien ciblée répond souvent rapidement à une approche adaptée, bien plus rapidement que d'autres difficultés psychologiques. Ce n'est pas une fatalité avec laquelle il faut apprendre à vivre.
Le mécanisme, à la lumière des TCC
Une réponse de peur apprise, indépendante du raisonnement.
Les TCC décrivent la phobie comme une association apprise entre un stimulus (l'objet, la situation) et une réponse de peur intense. Cet apprentissage s'est fait dans une zone du cerveau — l'amygdale — qui ne passe pas par la réflexion. C'est pourquoi savoir qu'un avion est statistiquement plus sûr qu'une voiture ne change rien à la peur : la réponse a été enregistrée à un niveau auquel la raison n'accède pas directement.
L'évitement empêche la désactivation.
Comme dans tous les troubles anxieux, l'évitement soulage à court terme et entretient la phobie à long terme. Le cerveau, n'étant jamais confronté à l'objet sans accident, ne peut pas mettre à jour son évaluation du danger. L'exposition graduelle, en TCC, n'est rien d'autre que la mise en place d'expériences qui permettent à ce circuit d'apprendre, dans la durée, que la menace anticipée ne survient pas. C'est lent, c'est progressif, mais c'est l'une des approches dont l'efficacité est la mieux établie en psychothérapie.
Déroulé de la prise en charge
L'exposition progressive, réapprendre la sécurité.
Le traitement de référence consiste à se confronter graduellement à la situation ou l'objet phobogène, dans un cadre sécurisé et à un rythme ajusté. L'objectif n'est pas de supprimer la peur par la force, c'est de laisser le cerveau apprendre, par l'expérience répétée, que la menace n'est pas réelle. Chaque exposition réussie recalibre progressivement la réponse automatique.
Le rôle de l'hypnose, retraiter la mémoire émotionnelle.
Là où l'exposition agit sur le comportement, l'hypnose agit sur la mémoire elle-même. En état hypnotique, il est possible d'accéder à la représentation émotionnelle associée à l'objet phobique, et de la retraiter, de modifier la charge émotionnelle qui lui est attachée, sans avoir à s'exposer directement à la situation réelle. C'est particulièrement utile pour les phobies dont l'origine est identifiable, ou lorsque l'exposition directe est difficile à mettre en place. Les deux approches sont complémentaires et souvent combinées.
Voir aussi
- Troubles anxieux
- Anxiété sociale
- TOC, troubles obsessionnels compulsifs
- Accompagnement des dirigeants
Pour celles et ceux qui exercent une responsabilité d'encadrement.
- Prendre rendez-vous
Honoraires, accès au cabinet, téléconsultation, Doctolib.
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